Les derniers instants de ... Dalida

 Iolanda Cristina Gigliotti, dite Dalida,

née le  au Caire (Égypte) et

 morte le  à Paris 18e (France),

est une chanteuse et actrice italienne

naturalisée française.

Issue d'une famille italienne de Calabre installée

 en Égypte, elle participe à des concours de

 beauté au début des années 1950 et tourne

 quelques films au Caire. 

Résidant en France à partir de 1954, elle connaît

 son premier succès avec le titre Bambino en 1956. 

Se façonnant un répertoire regroupant plus de

 sept cents chansons interprétées en plusieurs 

langues, elle devient une grande figure de 

la chanson française et bénéficie d'une

 popularité dépassant la scène francophone.

Elle met fin à ses jours le 3 Mai 1987 à l'âge de 54 ans.

Samedi 2 mai 1987, 18 heures.

Le temps est à l’orage.

La chanteuse se prépare pour aller voir Cabaret
de Jérôme Savary au théâtre Mogador.

C’est du moins ce qu’elle fait croire à tous ses proches,
qui ne se doutent pas une seconde du subterfuge.

Dalida joue si bien ce dernier rôle.

Les dernières personnes à l’avoir vue vivante disent qu’elle semblait apaisée, à l’inverse des jours précédents, comme si elle s’était acharnée à détourner l’attention de tout son entourage.

Comme si la guerre sainte avec elle-même avait enfin cessé et qu’il ne restait plus qu’un acte pour achever son destin.

Quand Jacqueline, son habilleuse, son amie,
s’étonne qu’elle parte si tôt au théâtre,
elle prétexte que dans le quartier de Saint-Lazare, c’est difficile de se garer.

Elle lui demande de ne pas la réveiller avant dix-sept heures, le lendemain.

Elle insiste en disant avoir besoin de repos.

Comment imaginer alors qu’elle prémédite sa mort ?


Dernière apparition publique de Dalida,
lors d'une réunion de son Fan-Club,
le 5 Avril 1987

(1 mois avant sa mort)


Vers 18 heures 30, sa petite Austin dévale la rue Lepic sous la pluie.

Tout concorde encore, personne ne peut savoir.

Mais ce que Dalida ne dit pas est que la veille au soir, elle reçut l’appel de François, son dernier amour, qui trouva une énième excuse pour ne pas se rendre au théâtre avec elle, ce soir-là.

Qu’y a-t-il derrière cette ultime déconvenue ? De la lassitude, une autre femme, la fin d’une relation en dents de scie, sous le sceau du mensonge ?

Cette annulation, dans ce long week-end de la fête du travail, vient achever un tableau fait de fatigue morale, de voix épuisée et de peur de la solitude.

À une autre époque de sa vie, Dalida aurait tourné la page.

Cette fois, elle veut refermer le livre.

Il en va d’une sorte de fatalité, comme si tout dans son existence venait à devoir s’achever, en ce samedi de printemps pluvieux,
qui peine lui-même à voir la lumière du soleil.

Icare se brûle les ailes, Orphée se fourvoie par amour.

Dalida se consume et perd le fil.

Elle le sait, ne le supporte pas et choisit l’échappée belle,
boulevard du Crépuscule.

La maison de Dalida située au

11 Bis Rue D'orchampt à Montmartre.


L’Austin remonte la rue et se gare discrètement.

Elle en descend, se dirige vers la boîte aux lettres en bas de chez elle et y glisse une lettre, à l’attention de son dernier amour, qui la recevra le mardi suivant et dont il ne parlera jamais.

Apogée romantique d’une existence au goût d’absolu, où l’Autre répond toujours plus ou moins absent, tant il est idéalisé et finalement si décevant dans son humanité boîteuse et lâche.

Dalida aimait l’amour, pas le quotidien profane, pas les inévitables manquements qui l’accompagnent.

À 19 heures, elle se dirige vers son immense maison, au silence assourdissant.

Elle referme la porte derrière elle, sans que personne n’ait remarqué quoique ce soit.

Désormais, l’artiste est seule avec son choix de mettre un terme à cette vie, entre ombre et lumière, entre Le Caire et l’Olympia, une vie tissée d’une intarissable popularité, fissurée par des drames tout aussi abyssaux et par des opérations ophtalmiques...

La cécité et l’extralucidité sont si proches au bout de la nuit.

Sa vie ? Elle est comme toutes les vies.

Entre sublime et désastre.

Mais elle a toujours vu plus grand.

Même dans la mort.

Ce qui se passa ensuite n’appartient qu’à elle ...

Elle écrit une longue lettre destinée à son frère Orlando ainsi qu'un petit mot d'adieu destiné à ses admirateurs avec cette phrase laconique
"La vie m'est insupportable Pardonnez moi DALIDA".



Mot d'adieu de Dalida destiné à son public


3 mai 1987, 17 heures.

Jacqueline fait comme on lui a dit de faire., elle pousse la porte de la chambre.

Dalida est inerte, dans un pyjama de satin blanc, un verre de whisky dans une main, une boîte de somnifères dans l’autre.

Son cœur s’est arrêté de battre il y a quelques heures seulement.

Vingt ans après avoir raté son suicide, Dalida a cette fois réussi son évasion.

Le lendemain, la dépêche AFP tombe :

"Dalida a été trouvée morte hier en fin d’après-midi à son domicile parisien de la rue d’Orchampt, à Montmartre.

Le Samu est intervenu à 18 heures, alerté par une amie de la chanteuse, mais il n’a pu que constater le décès."



Bien que "suicidée" Dalida a tout de même droits à des obsèques en l'église parisienne de La Madeleine, le 7 Mai 1987 à 11h30.




Elle est inhumée dans le cimetière de Montmartre.

Une statue la représentant orne sa sépulture.



Le 5 Décembre 1996, la place Dalida, elle aussi dans son quartier de Montmartre, est inaugurée.

Un buste de la chanteuse trône au milieu.


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